Le refuge

Le refuge
24 juin 2019 Sandy

Document pour:

Longchenpa, « La Trilogie de la relaxation », Cours 7: Le refuge

 

Le refuge

Le premier pas sur le chemin bouddhiste est tout d’abord de prendre refuge dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha, l’Assemblée Spirituelle. Ceci indique que nous acceptons ces Trois Joyaux comme nos vrais guides et protecteurs tout au long du chemin jusqu’à l’Illumination.

Nous prenons refuge dans notre propre maître spirituel en tant que manifestation du Bouddha. Nous prenons refuge dans le Dharma, dans les enseignements représentés par les textes et commentaires du canon bouddhique. Nous prenons refuge dans le Sangha, nos compagnons de voyage sur le chemin.

Il est naturel de commencer par suivre ce que nous croyons spirituellement plus élevé que nous. En majeure partie, c’est une bonne chose ; nous apprenons à donner moins d’importance à nos propres désirs, à respecter les besoins des autres, à avoir une foi fidèle. Mais avec les maîtres et les livres, nous ne pouvons apprendre que jusqu’à un certain point ; il faut ouvrir notre propre compréhension, réaliser les vérités spirituelles par notre expérience intérieure. En nous ouvrant véritablement, nous établissons alors notre relation intérieure avec le Bouddha, le Dharma et le Sangha. Nous commençons à nous éveiller à l’Illumination.

Les actes « spirituels » sont ceux qui se produisent naturellement quand nous agissons avec un cœur ouvert. Les enseignements montrent seulement le chemin de cette ouverture, et il n’est pas facile d’arriver jusqu’à l’endroit qu’ils indiquent. Beaucoup de personnes apprennent à « agir » en accord avec les enseignements ; moins apprennent à vraiment les vivre. […]

Avant de pouvoir aider les autres, nous avons besoin de trouver le maximum de force en nous-mêmes. Il est possible de trouver cette force en laissant le Bouddha et le Dharma devenir vivants en nous. La plupart d’entre nous, cependant, ne sommes pas encore capables de faire l’expérience de cette vérité intérieure. Nous pouvons essayer, mais pour le moment il semble que nous devons vivre au niveau le plus superficiel, orienté vers l’idée de sujet-objet.

C’est pourquoi la méditation est tellement importante. Dans la méditation peuvent venir des expériences de réalisation qui transpercent soudain notre attitude conceptuelle envers ce que nous vivons, et ces réalisations aident à voir les choses avec une perspective plus illuminée. Nous entrons en contact avec le calme et la clarté sous-jacents au niveau conceptuel. La méditation est alors notre refuge : nous pouvons y avoir recours chaque fois que nous en avons besoin pour notre équilibre. Prendre ainsi refuge en nous-mêmes donne une base plus solide et une plus grande confiance pour faire face à la vie de tous les jours. C’est le refuge à un niveau supérieur.

Le refuge ultime réside dans un contact stable avec l’état de méditation où nous découvrons l’immédiateté de l’Être, où n’existe aucune distinction artificielle. À ce niveau le plus élevé, toute expérience nous apparaît comme la pure conscience que nous atteignons à travers la méditation. Il n’y a pas de Bouddha, pas de Dharma, pas de Sangha. Il n’y a pas de sujet ou d’objet, pas de « je » pour prendre refuge en quoi que ce soit ; le concept de prendre refuge tombe.

[…] Il y a donc plusieurs niveaux de prise de refuge, suivant notre compréhension. Au début, nous comprenons que le Bouddha, le Dharma et le Sangha peuvent nous guider et nous soutenir, nous nourrir et nous réconforter. Ce qui nous importe alors est de prendre soin de nous-mêmes et de devenir sains de corps et d’esprit. À un niveau un peu plus profond, nous comprenons que le Dharma du Bouddha est le centre de notre vie, que toute expérience a du sens et de la beauté. À un niveau encore plus profond, nous réalisons que le Bouddha, le Dharma et le Sangha sont toujours avec nous, il n’y a donc pas besoin de culte extérieur. Au niveau le plus profond, il n’y a plus de refuge, parce que l’ego n’existe plus. Il y a seulement un mandala – parfait dans toutes ses dimensions.

Tarthang Tulku, Les clés de l’énergie et de l’épanouissement : « Le refuge », Dervy Poche, 2006, p. 158-162.